La censure sur  internet est au cœur de l’actualité. Le monde entier a vu abasourdi l’efficacité de cet instrument pour réunir et mobiliser des masses, tant dans les pays en voie de développement, avec le Printemps Arabe, comme dans les pays développés avec la congrégation des Indignés. Ce phénomène  global  touche donc les pays totalitaires mais aussi démocratiques. Le monde virtuel, qui permet un échange mondial  risque d’être une menace pour les gouvernements des pays, capables de les renverser, mais aussi  d’influencer sur les élections. Dans ce cadre, les gouvernements de plusieurs pays ont publié leurs revendications à exercer plus de contrôle sur Internet en  appelant à un contenu régi par la légalité de sa circulation.

Mais que censure-t-on?  Il faut nettement distinguer la censure réalisée afin de « protéger les droits des hommes »  et celle réalisée pour cacher des événements qui pourraient nuire l’intérêt d’un groupe (gouvernements, entreprises,…). En effet, ce n’est pas la même chose, du point de vue légitime, de censurer une page au contenu nazi, ou terroriste ou bien sur le boycott de produits catalans par exemple, comme ça a été le cas en Espagne (et d’ailleurs à cause de cette action Google a inclus l’Espagne dans la liste des pays de censure Internet auprès du Congrès américain lors d’une audition à la Chambre des Représentants sur la démocratie, la sécurité et la liberté d’expression en ligne, bien que cette accusation a été rectifiée) que de censurer des informations sur des scandales de financement de la part d’un gouvernement ou des cas de pollution de la part des entreprise, par exemple. En tout cas, dans le deuxième cas, il est clair, du point de vue légitime, que la censure ne devrait pas avoir lieu. Or dans le premier cas, cela n’est pas très évident. En effet, ces actions de censure ont pour but de respecter les Droits des Hommes. Ainsi, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, lors du e-G8 Forum (rencontre du gouvernement français avec les dirigeants d’entreprises de technologies dans le monde en 2011, dans le  but était d’informer le débat sur le rôle que le gouvernement devrait avoir dans le futur d’Internet), a pris cette position en déclarant qu’Internet n’était « pas un univers parallèle qui est libre de lois ou de l’éthique ou de principes qui doivent régir et gouverner la vie sociale de notre État démocratique ». Mais cette démarche vers la « civilisation d’internet », qui prétend de mettre en avant les droits des Hommes n’est telle pas contradictoire en son fondement puisqu’on atteint le principe de liberté d’expression ?
D’autre part, il existe une ligne bien sinueuse entre la censure, la protection civile et la liberté. Ainsi, « Internet a aussi renforcé la démocratie et les droits de l’Homme en amenant les États à être plus transparents sur leur fonctionnement voire, dans certains pays, en permettant aux peuples opprimés de faire entendre leur voix et d’agir collectivement au nom de la liberté » (Lettre du Président de la page web du e-g8 Forum).
Il convient aussi de souligner qu’il ya beaucoup de divergences dans la matière entre les gouvernements, les grandes entreprises des médias d’internet et les citoyens. Le gouvernement français a pris une posture qui se résume avec la phrase « Nous devons civiliser l’Internet » prononcée par le président lors de la réunion du e-G8 Forum et qui prône le respect des lois (1), les  règles des droits d’auteur(2) (propriété intellectuelle) et la concurrence(3). Ainsi, on peut censurer une page au contenu xénophobe(1), une qui permet de télécharger de la musique(2) et une page qui par exemple boycotte les produits catalans(3) par exemple. De plus, Sarkozy a dit aux entreprises présentes que c’était aussi leurs responsabilités, et que ce n’était pas seulement le gouvernement qui doit s’assurer de l’application de ces lois. Mais les entreprises ont répondu avec prudence. Ainsi, Schmidt (Google) a averti que «la technologie évolue plus vite que les gouvernements, il ne faut pas légiférer sans en comprendre les conséquences » et Zuckerberg (Facebook) souligné le rôle des révolutions arabes de ces derniers mois. Mais ne devra-t-on aussi tenir en compte l’avis des internautes ? Les atouts d’Internet sont la liberté d’expression, l’anonymat et la facilité de communiquer.
Dans ce contexte où les gouvernements tentent de maitriser le contenu des web, de nouvelles lois sont apparues : en Espagne la loi  Sinde et France Hadopi visant à défendre les droits d’auteur.

Après cette approche sur la censure purement éthique, il convient d’analyser la viabilité de la censure de la part des États. Une illustration de la réalité suffit pour se rendre compte de l’impraticabilité de la censure : l’agence anti-piratage HADOPI reçoit 25 000 plaintes par jour (plus de 18 millions de plaintes depuis l’apparition de la loi). De faite, plutôt que de « punir » ceux qui ne respectent pas les droits de propriété intellectuelle, Hadopi  est en train d’envisager de récompenser plutôt les internautes qui respectent ces droits…ce qui est bien discutable…
Il est latent que ces mesures de censure ne prennent pas en compte l’évolution technologique et culturelle. De plus, le détournement de la censure est possible et n’est pas très compliqué.

Jeff Jarvis, blogueur reconnu: «Dans le e-G8, le gouvernement agit comme si elle doit protéger l’Internet. Au lieu de cela, l’Internet a besoin d’être protégé contre le gouvernement ».

C’est dans ces lignes là que l’Organisation des États américains (OEA), Organisation des Nations Unies (ONU), l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) et la Commission africaine Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) ont envoyé un message fort en défense de la liberté d’expression en ligne en publiant une déclaration commune établissant des principes mondiaux internationaux pour la promotion de la liberté d’expression et la libre circulation des informations et des idées grâce à l’Internet.
Une « Déclaration la liberté d’expression et Internet » a été signée le Juin 2011, qui reconnait l’importance de défendre la liberté d’expression à travers la protection des fournisseurs intermédiaires de services (moteurs de recherche de cache, plates-formes,..), les limitations à la portée de filtrage et de blocage des contenus, la définition de la responsabilité pénale et les droits civils, la neutralité du net et un accès Internet.

SOURCES

  • Page enter.com

>Article “Agencia piratería Hadopi recibe 25000 denuncias diarias”;
Luis Andrés Iregui V.(26 octobre 2010)

>Article “Ecos del e-G8: gobiernos quieren limitar Internet”
Carlos Alberto Díaz (31 mai 2011)

>Article “e-G8: ¿encuentro o desencuentro tecnológico?”
Luis Andrés Iregui V. mayo 27 de 2011

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