Après une douzaine d’heures d’enseignement, mêlant ateliers pratiques destinés à immerger un groupe d’élèves dans une simulation d’infowar et cours sur les réalités contemporaines et politiques d’internet, vient le moment fatidique et académique de la notation.

Pour un cours qui ne pèse pas lourd dans leur résultats, et des élèves qui arrivent à la fin de leur cursus (que certains poursuivront ailleurs), l’exercice a été l’occasion de leur demander de rédiger une note de synthèse à l’intention de politiques en charge d’impacter le terrain du numérique. Typiquement les candidats à la présidentielle, ou plus réalistement, l’équipe en charge du numérique au sein des partis de gouvernement (coucou Fleur).

Les billets qui en résultent, classés de la meilleure à la moins bonne note (mais mes notes n’ont pas la moindre importance), sont présentés ici.

Ils sont anonymisés, tout d’abord parce que j’ai proposé cette possibilité à ceux qui souhaitaient en disposer, et que seul un petit nombre l’ont demandé. Du coup, ne pas le faire pour l’ensemble mettrait en péril l’anonymat de ceux qui l’on souhaité, d’où le fait de l’avoir systématisé après coup. A ce propos, je suis surpris (ou pas) de la différence entre le contenu de ceux qui ont profité de cette possibilité et les autres. L’échantillon n’est pas suffisamment large pour en tirer quelque conclusion que ce soit, mais les copies qui – sachant qu’elle seraient publiées publiquement – ont réclamé l’anonymat me semblent meilleures et plus tranchées. A l’avenir, pour peu que cet exercice puisse se renouveler, l’anonymat avant publication sera la règle et non l’exception.

Quelle que soit la notation, qui n’interesse que leurs destinataires, elles représentent dans leur ensemble ce qu’une classe d’âge issue d’une formation d’élite, qui se veut former la fine fleur de la politique et du journalisme, est en mesure de comprendre des enjeux démocratiques liés à internet, après une rapide formation ad hoc.

C’est à ce titre des plus instructif.

Dernier point, comme dans d’autres écoles dont la réputation dépasse les frontières de notre beau pays, une partie significative de la classe est composée d’étrangers. Pas de quoi s’alarmer, ils seront pour la plupart reconduits à la frontière dès la fin de l’année, comme le veut la dernière circulaire en date du ministère de l’intérieur, mais vous trouverez sans soucis dans ces copies l’apport potentiel d’une culture étrangère dans une problématique que l’on croit franco-française, et pourrez mesurer ce dont il faudra se passer pour reconstruire la France de demain. Par la même occasion, vous excuserez des tournures de français parfois maladroites, leur auteurs étant d’origine espagnole, indienne ou bien encore turque.

Bonne lecture.

Fabrice Epelboin
@epelboin

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